Comptabilité publique et innovation documentaire à la fin du Moyen Âge : les institutions princières et l’émergence d’une culture numérique dans un ordre conservateur - Université de Lille Accéder directement au contenu
Article Dans Une Revue Médiévales Année : 2019

Comptabilité publique et innovation documentaire à la fin du Moyen Âge : les institutions princières et l’émergence d’une culture numérique dans un ordre conservateur

Résumé

The transformations of accounting techniques in the Late Middle Ages have a complex relationship with another phenomenon: the development of stable and regulated institutions responsible for auditing accounts. Although a first generation of institutions accompanied the implementation of a series of techniques between the eleventh and thirteenth centuries, these bodies gradually became unsuited to the rapid changes in management methods and to the documentary innovations that emerged in the thirteenth and fourteenth centuries. It was in response to these new demands, which sometimes stemmed from the administration, that the “Chambres des comptes” emerged during the course of the fourteenth century. Despite initially lagging behind when it came to the documentary changes, they soon became ardent promoters of these new techniques. Once fully established, these institutions did not so much invent as acclimatize, and they implemented a series of past innovations. After this phase of “reformation”, during which long-lasting rules of good practice were put into place, an “institution effect” came into play: the “Chambres des comptes” stoutly defended their “style”, which became an element of their autonomy and their identity and served to guarantee the validity of their actions. This meant that princes struggled to impose new uses upon them.
Les modifications enregistrées par la documentation en matière de techniques comptables entretiennent des rapports complexes avec un autre phénomène propre à la fin du Moyen Âge : le développement d’institutions stables et normées chargées du contrôle des comptes. Si une première génération d’institutions accompagne la mise en place de toute une série de techniques entre xie et xiiie siècles, ces corps deviennent progressivement inadaptés aux changements rapides des modes de gestion et aux innovations documentaires apparues entre xiiie et xive siècles. C’est pour répondre à ces nouvelles exigences, parfois promues par la base de l’administration, que les Chambres des comptes se mettent en place au cours du xive siècle, parfois avec un peu de retard sur les changements documentaires, mais se faisant immédiatement les promotrices zélées des techniques nouvelles. Une fois installées dans le paysage, ces institutions inventent moins qu’elles n’acclimatent et installent durablement toute une série d’innovations antérieures, dont la circulation répond cependant aussi à des enjeux de préséance et d’honneur. Après cette phase de « réformation », durant laquelle sont durablement établies les bonnes pratiques, un « effet institution » semble jouer : les Chambres défendent farouchement leur « style » qui devient un élément de leur autonomie ou de leur identité, qui garantit la validité de leurs actions, et les princes peuvent avoir du mal à les inciter à introduire de nouveaux usages.
Fichier non déposé

Dates et versions

hal-03967370 , version 1 (01-02-2023)

Identifiants

  • HAL Id : hal-03967370 , version 1

Citer

Jean-Baptiste Santamaria. Comptabilité publique et innovation documentaire à la fin du Moyen Âge : les institutions princières et l’émergence d’une culture numérique dans un ordre conservateur. Médiévales, 2019, Médiévales, 76, pp.113-132. ⟨hal-03967370⟩
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