Pauvres, déviants, malades. Travail d’inférence et catégorisations professionnelles dans la régulation de l’accès à l’hébergement des personnes sans-domicile - Université de Lille Accéder directement au contenu
Article Dans Une Revue Terrains et Travaux : Revue de Sciences Sociales Année : 2017

Pauvres, déviants, malades. Travail d’inférence et catégorisations professionnelles dans la régulation de l’accès à l’hébergement des personnes sans-domicile

Résumé

This article analyses the criteria that operate in order to allocate shelter to the homeless, as well as their effects regarding how those tend to classify them. We show that such criteria participate in the regulation of sheltering and that regulation is a jurisdiction (Abbott, 1988) disputed by various professional groups and segments. Although a general allocating order is supposed to prevail, based upon the date of the homeless’ demands, many infringements are observed and contribute to break the instituted order. Through inference, which takes place during commissions aiming to allocate shelter, professionals (re)define the homeless’ demands. They come to identify figures that may not belong within the shelters and on the opposite, situations that ought to be taken care of as priorities. The distinction between the deserving and undeserving poor, inherited from history and theoretically cancelled by the unconditional access to shelter, is thus revived.
Partant du constat d’une pénurie structurelle des places d’hébergement à destination des personnes sans-domicile, cet article analyse les critères d’attribution qui président à leur allocation et les effets de ces critères en termes de catégorisation des demandeurs. L’accès à l’hébergement fait l’objet d’un processus de régulation : celle-ci est une juridiction (Abbott, 1988) faisant l’objet d’un conflit entre groupes et segments professionnels. Si un ordre général d’allocation des places construit sur le critère de l’ancienneté des demandes d’hébergement est supposé prévaloir, des résistances s’observent qui contestent l’ordre institué. Par un travail d’inférence déployé lors de commissions d’attribution des places, les professionnels (re)définissent les demandes qui leur sont formulées. Ils identifient des figures indésirables dans les structures d’accueil et à l’inverse, des situations nécessitant un traitement prioritaire et urgent. La distinction entre pauvres méritants et imméritants, héritée de l’histoire et théoriquement annulée par la norme d’inconditionnalité de l’accueil, est ainsi réactivée.
Fichier non déposé

Dates et versions

hal-04402066 , version 1 (18-01-2024)

Identifiants

Citer

Vianney Schlegel. Pauvres, déviants, malades. Travail d’inférence et catégorisations professionnelles dans la régulation de l’accès à l’hébergement des personnes sans-domicile. Terrains et Travaux : Revue de Sciences Sociales, 2017, Terrains et Travaux : Revue de Sciences Sociales, 30 (1), pp.185-207. ⟨10.3917/tt.030.0185⟩. ⟨hal-04402066⟩

Collections

CNRS UNIV-LILLE
4 Consultations
0 Téléchargements

Altmetric

Partager

Gmail Mastodon Facebook X LinkedIn More