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Voter ou non aux élections étudiantes : intérêts et limites d'une enquête par questionnaire localisée

Résumé : Une analyse de la participation aux élections étudiantes au niveau individuel, malgré les limites de l'enquête mobilisée, permet de mettre au jour les déterminants pluriels de la participation que recouvre souvent artificiellement un « effet filière ». D'une part, la conjonction d'un investissement faible, voire nul, dans la vie étudiante, notamment associative, et d'une absence d'intérêt pour la politique semble éloigner les étudiants des urnes. D'autre part, si notre enquête ne posait pas la question du « sentiment d'intégration » dans la filière et dans l'université, force est de constater que l'intégration objective dans celle-ci, qu'il s'agisse d'appartenir à une association étudiante ou même de loger dans une résidence étudiante, semble favoriser la participation électorale des étudiants. À ce titre, et même si la participation apparaît comme une pratique située socialement, le poids des interactions sociales apparaît déterminant comme l'illustre la relation entre la confrontation à un scrutin et l'existence, même rare, de discussions politiques entre amis. Comme le souligne Frédéric Lebaron, ce sont ces influences, celles des amis ou des candidats, « plus ou moins diffuses, qui " activent " de façon variable la norme civique dans des contextes précis ; le fait de voter dépend ainsi avant tout de l'état de l'organisation collective du groupe [...] et de la mobilisation de celui-ci » . Le recours croissant au vote électronique lors des élections étudiantes, qui s'est particulièrement accéléré en raison du contexte de crise sanitaire, pourrait modifier l'équilibre entre ces déterminants pluriels. En effet, si la participation ne semble pas avoir significativement diminué lors du passage au vote en ligne, descendant rarement au-dessous des 10 %, on peut se demander si un vote par Internet et non plus physique, a fortiori en période de confinement où les interactions sociales entre étudiants sont plus que réduites, n'a pas engendré une démobilisation électorale des étudiants appartenant à des filières où le sentiment d'intégration est davantage répandu et où des organisations corporatives mobilisent plus massivement les étudiants et, au contraire, la remobilisation d'étudiants qui, quoique moins intégrés dans leur filière, ont un rapport moins distant à la politique. Se pose à ce titre la question de la capacité des organisations étudiantes à transposer en ligne des stratégies de mobilisation électorale qui, jusqu'ici, étaient principalement déployées hors ligne (distributions de tracts, interventions dans les cours, porte-àporte dans les résidences universitaires…).
Type de document :
Article dans une revue
Liste complète des métadonnées

https://hal.univ-lille.fr/hal-03482805
Contributeur : Lilloa Université de Lille Connectez-vous pour contacter le contributeur
Soumis le : jeudi 16 décembre 2021 - 11:16:24
Dernière modification le : mardi 4 janvier 2022 - 06:11:26

Identifiants

  • HAL Id : hal-03482805, version 1

Collections

Citation

Tristan Haute. Voter ou non aux élections étudiantes : intérêts et limites d'une enquête par questionnaire localisée. Les Cahiers du GERME, 2021, Les Cahiers du GERME, 33, pp.144-150. ⟨hal-03482805⟩

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